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.........Bien des bruits, souvent erronés, courent sur
cette technique médicale.
..........Précisons de suite que,
si elle est l'objet de beaucoup de critiques, ses détracteurs
sont généralement des gens parfois respectables par ailleurs,
mais qui, en l'occurence, se gaussent de quelque chose qu'ils ne connaissent
pas.
..........Il est inutile de rappeler ici
les fondements de l'esprit scientifique : Ils consistent à expérimenter
et ensuite à essayer de comprendre. Quand l'hypothèse
est contredite par l'expérience, c'est l'hypothèse, la
théorie qu'il faut revoir. S'écrier "Je ne comprend
pas donc ce n'est pas possible" est une attitude qui
ne devrait plus exister.
..........Problèmes de fond
:
..........De grands problèmes se
posent à qui veut suivre cette voie :
..........* Il s'agit d'une médecine
holistique, c'est-à-dire qui prend en compte l'individu dans
son entier, psychisme et intellect compris. Rappelons que la médecine
occidentale classique connaît des spécialistes rien que
pour le système digestif.
..........Citons, sans chercher à
être complet : le nutritionniste, le stomatologue, l'oto-rhino-laryngologiste,
le diabétologue, l'hépatologue et, pour finir, le proctologue.
Comment ce dernier peut-il savoir que les hémorroïdes qui
fleurissent sous le nez sont dûs à une consommation exagérée
de piments ?
..........* C'est une médecine de
l'individu. Elle est donc presque incompatible avec les méthodes
d'évaluation statistiques puisque chaque traitement, même
pour une maladie identique, doit être soigneusement adaptée
à chaque cas particulier.
..........* Elle est de nature essentiellement
dynamique et réactive. Ses résultats sont obtenus grâce
à une réaction de l'organisme traité et non pas
par le biais d'une action pharmacologique du remède.
..........* Elle utilise des remèdes
parfois tellement dilués que mathématiquement, les gouttes
ou granules absorbés, ne contiennent plus de matière active.
Mais on oublie volontiers à ce propos qu'une information n'a
pas forcément une réalité matérielle mais
peut, néanmoins, engendrer des réactions aussi intenses
que surprenantes.
..........* Ses raisonnements, très
logiques par ailleurs, ont le plus souvent un peu une allure de paraboles,
car ils suivent un mode de pensée global et analogique et non
point un morcellement cartésien.
..........* Il s'agit d'une technique qui
est à la fois une Science et un Art car, Connaissance
et Expérience doivent se conjuguer à l'intuition pour
le plus grand bien de nos patients.
..........Deux mots d'histoire :
..........L'Homéopathie a aujourd'hui
quelques millénaires d'existence puisque 600 ans avant J.C.,
sur l'île de Cos, Hippocrate en énonçait déjà
le principe de la LOI DES SEMBLABLES sous la forme lapidaire
: "Le vomissement se guérit avec un vomitif"
(Vomitus, vomiturus curantur). Nous utilisons encore aujourd'hui des
remèdes déjà connus par Dioscoride (vers l'an 60)
tels que Sépia ou Murex.
..........Le savoir d'Hippocrate et de
ses disciples, a été négligé et oublié
par Galien qui bâtit ses recherches sur les usages directs des
plantes et non plus sur un effet rebond. Il fut par la suite repris
par les médecins lettrés perses et arabes du temps de
l'âge d'or de l'Islam qui nous l'ont transmis via les scribes
et savants des monastères notamment de Sicile et de Cordoue,
et les alchimistes.
..........La méthode fut redécouverte
et surtout testée et codifiée par Samuel Hahnemann,
un médecin saxon aussi génial qu'honnête et intransigeant.
..........Baptisée Homoépathie,
(mal des Semblables) elle a été reprise par d'autres et
s'est répandue malgré des oppositions parfois violentes
car elle bousculait bien des idées reçues, frustrait des
mandarins et heurtait beaucoup d'intérêts pas seulement
économiques.
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..........Est-il utile de souligner qu'en
France, les médecins et vétérinaires homéopathes
ont suivi les mêmes études que les autres ? S'ils se sont
remis en question et ont accepté de s'investir lourdement pour
gagner moins, c'est parce qu'ils ont trouvé de très bonnes
raisons de le faire.
.........LES BASES DE L'HOMEOPATHIE
: trois piliers fondamentaux soutiennent tout l'édifice :
..........1) - La Loi d'Analogie
ou de Similitude
..........C'est la base du tout. Elle dit
que pour guérir un ensemble de symptômes (en fait pour
engendrer une réaction salutaire de l'organisme), il faut lui
donner le remède qui chez un être sensible et en bonne
santé, provoquerait un ensemble de symptômes sinon identique,
du moins aussi semblable que possible. Il faut donc obligatoirement
essayer les remèdes (on appelle cela faire une pathogénésie)
et compiler les symptômes déclenchés, ce qui est
fait sous forme de volumineuses matières médicales où
les remèdes sont classés par ordre alphabétique
et les symptômes enregistrés regroupés par appareil
(plus rarement par syndrômes).
.............Toute action sur un organisme
provoque en effet une réaction de sens contraire : c'est la
Loi du Stress ou Loi de Reilly-Selye bien connue dans les facultés
de médecine.
..........2) - Le Principe de Totalité
..........Il découle directement
de la Loi de Similitude : pour que l'ensemble des symptômes à
guérir (donc le "tableau clinique") puisse être
aussi semblable que possible au "tableau pathogénétique"
(noté lors de l'expérimentation du remède), il
faut tenir compte de la Totalité des symptômes.
..........On comprend donc immédiatement
la nécessité d'une consultation longue et détaillée
et d'un examen clinique soigné et approfondi. La comparaison
entre les deux tableaux est facilitée par l'usage de Répertoires.
Il s'agit d'ouvrages compilant les remèdes pour chaque symptôme.
Ces derniers sont regroupés appareil par appareil et en un ordre
codifié.
..........3) - La Technique de Dilution-Dynamisation
..........Le vieil adage d'Hippocrate "Primum
non nocere" ("D'abord, ne pas nuire") garde toute
sa valeur tant lors des essais pathogénétiques que lors
des traitements. Lorsqu'il s'agit de tester des substances aussi actives
et toxiques que la digitale ou l'arsenic, il faudra faire attention.
Hahnemann a essayé sur lui-même, sa famille et ses disciples
plus de 80 remèdes. Il a donc commencé à les diluer
dans de l'eau alcoolisée (l'alcool servant à la conservation
du produit obtenu) ou à les triturer avec du sucre de lait (lactose).
Pour que le remède soit bien homogène, il fallait secouer
fortement la solution (Traditionnllement on parle alors de "dynamisation").
Or, il s'est trouvé que cette longue trituration ou ces secousses
répétées ont multiplié le pouvoir curatif
des remèdes obtenus à un point extraordinaire et d'une
manière encore incomprise aujourd'hui. Des substances inertes
comme la poudre de Lycopode ou les coquilles d'huitre révèlent
tous ls jours dans le monde, entre des mains averties, un pouvoir de
guérison qui frôle le miraculeux, lorsqu'on les a traitées
de la sorte.
..........Vous avez dit "Médecine
douce" ?
..........Très logiquement comme
le remède lorsqu'on le teste pour une pathogénésie
provoque l'apparition d'un ensemble de symptômes, il doit les
provoquer à nouveau lorsque le patient, une fois guéri,
a vu disparaître les symptômes de sa maladie. Si ces symptômes
étaient graves, leur réapparition peut s'accompagner de
dommages très sérieux. Il s'agit là, non point
d'effets secondaires et indésirables, mais bien d'effets primaires.
..........Lorsque la guérison
est en bonne voie, il faut toujours espacer les prises de remèdes,
lorsqu'elle est atteinte, il faut impérativement les arrêter.
..........De plus, il ne faut pas oublier
que certains symptômes, parfois gênants, peuvent être
salutaires et doivent donc être respectés : un vomissement
ou une diarrhée éliminent des toxines et ne deviennent
dangereux que par leur conséquence à terme qui est la
déshydratation.
Soults-sous-Forêts - le 28 Juin 2007
Dr. Jacques Millemann, Vétérinaire.
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